French translation of "The Dating Dearth: A Man's Perspective"
En Anglais: http://www.catholic.org/featured/reality.php?ID=1231
La disette des rancards: Le point de vue d'un homme
Par John Mallon
© John Mallon 1993, 2004
" Pourquoi les hommes ne nous demandent-ils pas de sortir avec eux? "
Les femmes de plusieurs cités universitaires posent souvent cette question, en l'accompagnant de soupirs et de lamentations. Je discutais de cela l'année dernière avec Dale O'Leary, une écrivaine et conférencière catholique du Rhode Island - très intelligente, féminine, et amusante - qui apporte des contributions à de nombreux dossiers pro-vie et est impliquée dans la cause de la féminité catholique authentique. étant un célibataire déjà convaincu à l'importance de ce sujet, sachant qu'elle donne souvent des conférences aux femmes célibataires et espérant qu'elle pourrait transmettre le point de vue d'un homme impliqué, je lui ai offert certaines de mes réflexions sur le sujet.
Je lui ai dit : "Dale, ces femmes ne nous donnent pas d'indices qu'elles veulent qu'on leur demande de sortir avec nous, et sans la moindre indication qu'il serait bien reçu, un homme ne va pas s'exposer au rejet - auquel manifestement les hommes sont beaucoup plus sensibles que les femmes ne s'en rendent compte."
Elle réfléchit pendant un moment et dit : " Quand j'étais collégienne, que j'étais à une fête et que je voulais qu'un tel gars vienne me parler, je pouvais me tenir debout d'une certaine manière, et il m'accostait en quelques minutes!"
Je répondis : " Eh bien, Dale, c'est fini. " Elle devint très sérieuse, " Vraiment? Oh, c'est terrible
mais ce sont les petites choses qu'on apprenait toute jeune auprès de sa mère
tu veux dire que tu ne vois pas les femmes faire ces petites choses non dites, qui intéressent un homme? "
Je dit : " Non. En fait, plusieurs hommes en sont venu à penser que les femmes n'aiment même pas les hommes, à cause de la manière dont les femmes réagissent à leurs avances, néanmoins, les femmes se demandent pourquoi les hommes ne leur demandent pas de sortir avec eux; soit qu'elles ne disent pas oui, ou qu'elles n'envoient pas les signaux. " Dale dit : " Zut, c'est sérieux, Il faut que je parle à certaines de ces femmes; quelque chose de fondamental à notre culture est en train de se perdre. Pas surprenant que tant de femmes soient malheureuses. "
Je lui dit alors qu'une des qualités les plus rares chez les jeunes femmes d'aujourd'hui - au moins envers les hommes - était la gentillesse. Tant d'hommes sont tout simplement assoiffés de gentillesse, mais souvent ils ne rencontrent au contraire que le sarcasme et le cynisme. Un homme m'a dit que dans le climat actuel d'hostilité généralisé des femmes envers les hommes, il est facile pour un homme d'avoir l'impression que certaines femmes " cherchent des poux ", qu'elles sont prêtes à lui tomber dessus à bras raccourcis au moindre mot mal choisi ou commentaire mal énoncé. Chez les femmes chrétiennes, ceci se manifeste souvent par de l'outrecuidance, ou une sorte de supériorité morale présumée par rapport aux hommes - souvent même inconsciente de leur part. Les hommes se plaignent que souvent, lorsqu'ils sont en présence de femmes, ils se sentent comme s'ils avaient perdu d'avance, qu'ils ne pouvaient pas dire ou faire quoi que ce soit de bien. De telles femmes repoussent les hommes.
Peut-être que les femmes d'aujourd'hui ont de bonnes raisons pour avoir de telles attitudes, mais elles sont très blessantes pour les hommes, surtout pour un homme intéressé qui est sérieux, sincère et sensible.
Un tel homme ne demandera pas à une telle femme de sortir avec lui.
Il ne veut tout simplement pas être près d'une telle femme. Je comprends que, dans le monde d'aujourd'hui, il peut être imprudent et même carrément dangereux pour une femme d'être trop gentille trop vite envers un homme qu'elle ne connaît pas bien et que, même si ce n'est pas le cas, la trahison reste possible. La révolution sexuelle a tout gâché pour ce qui est de la confiance, mais le sarcasme et le cynisme envers les hommes est devenu une épidémie dans notre société; c'est devenu tellement habituel, tellement " de seconde nature ", que la plupart des femmes ne se rendent même pas compte qu'elles sont comme ça - mais les homes eux s'en rendent compte. Et ils vont ailleurs.
Pour ce qui est du facteur de risque, Mme O'Leary nous dit que traditionnellement, c'était à la femme de contrôler jusqu'où les choses allaient, et à quelle vitesse, et que si elle se sentait attiré par lui, que c'était à elle de captiver son attention. J'ai dit que, dans la confusion du jour, peut-être une autre chose avait été perdue, ou au moins gravement endommagée. Ce qui a été perdu, selon Dale, c'est une ancienne sagesse féminine, bien connue des femmes des autres époques, sur la façon de " diriger " (et non de manipuler) un homme - c'est-à-dire comment anticiper ses réactions et comment le garder heureux.
Une femme moderne pourrait interpréter ce genre de chose comme " jouer un jeu ", mais ce n'est pas le cas. C'est une chose mortellement sérieuse qui empêche les civilisations de se désintégrer. Les cailles et les pélicans ont leur rituels de pariade et leurs danses, et les êtres humains aussi.
Selon l'encyclique du Pape Pie XI, Castii Connubii, l'épouse peut et devrait revendiquer la primauté de l'amour au foyer, comme le mari revendique la primauté de l'autorité. Le coeur doit équilibrer la tête, et vice-versa. Ainsi, loin d'être une question de jouer un jeu, la continuation de cette danse des sexes délicate et glorieuse est suprêmement importante, et exige souvent une sagesse spéciale, et la sagacité de l'amour, de la part de la femme. Pour les femmes qui s'y intéressent, Mme O'Leary recommande un livre intitutlé Fascinating Womanhood par Helen B. Andelin (Bantam Books). Ce livre tente d'expliquer aux femmes comment les hommes perçoivent les relations amoureuses, ce qu'ils veulent vraiment et ce qu'ils ont besoin que les femmes leurs donnent. Je me suis adonné à la lecture de ce livre, et en tant qu'homme, je peux dire que d'après ce que j'ai lui, elle a tout à fait raison.
Nous savons tous que les femmes ont besoin, surtout dans le mariage, de se faire rassurer qu'elles sont aimées et appréciées : elles veulent l'entendre. Et un homme qui pense que son amour devrait être évident, est considéré comme passablement obtus en ce domaine. Il devrait lui dire souvent qu'il l'aime, et le manifester à toutes les occasions possibles. Néanmoins, un homme a un besoin correspondant de se faire rassurer par la femme qu'il aime, ce que la société tend à ridiculiser, surtout depuis la montée du féminisme. Son besoin est d'être admiré.
Les hommes sont ainsi faits.
Un homme a besoin de sentir qu'il est un héros pour la femme qu'il aime. Cela peut sembler mièvre, et la plupart des hommes ne l'admettront pas, mais la vraie vie est mièvre, et c'est vrai. C'est d'une telle admiration que l'homme tire sa force. Sa quête d'une telle admiration, soit dans les yeux d'une femme en particulier avec qui il est lié, ou lorsqu'il espère attirer l'attention d'une femme, lui fournit l'inspiration et la motivation pour servir et réussir dans son monde.
Je peux déjà entendre dire certaines femmes chrétiennes : " Eh bien, il devrait trouver sa force en Dieu! " Cette attitude, à part le fait qu'elle manque de générosité, ignore les faits de la création : Dieu n'a pas dit à Adam, " Je suis tout ce dont tu as besoin! " mais plutôt, " Il n'est pas bon que l'homme soit seul, je veux lui faire une aide semblable à lui. " En d'autres mots, un des moyens principaux et ordonnés par Dieu pour donner de la force à un homme, c'est de passer par l'amour d'une femme. Il n'y a pas de honte à cette médiation.
Il n'est pas bon pour l'homme d'être seul, mais je suis convaincu, d'après ce que je peux voir dans la situation actuelle et par mon expérience, que la plupart des femmes d'aujourd'hui n'ont pas la moindre idée de la solitude terrible que la plupart des hommes ressentent dans ce domaine, en ce qui est de l'appréciation, de l'acceptation et de la sympathie des femmes.
Il y a des femmes, grâce peut-être aux effets du féminisme, qui agissent comme s'il y avait une sorte d'anathème contre l'admiration des hommes, comme pour dire : " Je ne vais pas alimenter son stupide ego! ". Mais, peut-être que si son ego était nourri de temps en temps, il ne serait pas dans un état de famine qui diminue tellement un homme qu'il se sent encouragé à se comporter de la manière même que les femmes trouvent si intolérable. Le résultat est un cycle, apparemment sans fin, de ressentiment et de punition mutuelle.
Plusieurs femmes semblent avoir décidé, sans s'en rendre compte, de trouver un plaisir malin (même s'il est inconscient) à refuser aux hommes ce dont ils ont le plus besoin, en les traitant avec sarcasme, cynisme, blagues dérogatoires envers les hommes et une attitude générale qui vient du monde, mais non de Dieu.
Plusieurs de ces attitudes cyniques envers les hommes deviennent des prophéties " auto-réalisantes ", qui sont tellement décourageantes pour un homme, que souvent il s'abaissera à vivre selon les discours méprisants, tout comme il se serait édifié pour vivre selon les louanges si on les lui offrait. L'ego mâle ne devient un problème que lorsqu'il est sous-alimenté. Si on l'alimente correctement, il passe moins de temps à se rebeller et à tenter de s'alimenter de manière répugnante et vaine. Correctement alimenté, il fait qu'un homme s'efforce d'être le meilleur qu'il peut être, pour la femme qu'il aime et la société qu'il sert.
Certaines femmes vont s'offusquer de mes paroles, comme si je mettais tout le fardeau du problème sur les femmes.
Ce n'est pas le cas.
Il est important de ne pas confondre les généralités de la politique et de la rhétorique avec les particularités complexes où nous vivons essentiellement. La question qui est devant nous est la suivante : Pourquoi les femmes ne se font-elles pas demander plus souvent à sortir avec des hommes? Ce n'est pas une question de peu d'importance. Il est important de se rappeler que la société contemporaine vit un malaise profond, où tout ce qui est pur et bon se fait attaquer.
Une des choses principales qui se fait attaquer est la famille, le foyer. Et si la famille est attaquée, alors il est logique que tout ce qui mène à la famille - c'est-à-dire les façons qu'ont les hommes et les femmes de se rencontrer - soit aussi attaqué.
Notre combat n'est pas contre la chair et le sang. Cette attaque provient de l'Enfer, et fait que de nombreuses vies ressemblent à cet endroit d'origine. Dieu se soucie de ces choses. Les femmes ont été terriblement victimes dans cette lutte, et ce scandale a été bien documenté. Toutefois, l'amertume et l'incompréhension entre les hommes et les femmes d'aujourd'hui est un mauvais sort qui doit être brisé, et de tels mauvais sorts ne peuvent être brisés que par une volonté, issue de la grâce de Dieu, d'examiner sa propre contribution à ce gâchis, mais aussi par le repentir, lorsque nécessaire, et le pardon des siècles de douleurs et de péchés qui nous ont amené jusqu'ici.
On pourra m'objecter que " Les hommes aussi doivent se repentir, tu sais! " Et je prends ça comme allant de soi. Mais ce que j'essaie de dire ici est pour aider les femmes qui ont la volonté de le faire à établir des relations avec les hommes de telle manière que les hommes voudront se repentir. C'est ainsi que le Christ nous traite - lui qui est la personne envers laquelle la plus grande injustice de l'histoire a été commise, et qui est aussi le plus enclin au pardon. (Un peu de compréhension, de pardon et d'amour fait des merveilles.) Mon intention ici n'est pas de " blâmer la victime ", mais de rappeler à tous que les hommes aussi en souffrent. Il y a un cycle qui doit être brisé. Les femmes ont généralement plus de facilité en relations humaines, et tout ce que j'essaie de faire, c'est de signaler aux femmes comment les hommes se sentent, selon mon expérience. C'est quelque chose que de nombreuses femmes veulent savoir, selon moi.
Dans ma recherche, j'ai remarqué que la plupart des femmes n'ont pas la moindre idée de ce que ressentent les hommes se sentent, et la plupart des hommes se sentent trop vulnérables pour le leur dire. Certaines femmes sont tellement aigries qu'elles ne s'en inquiètent plus. Elles sont peut-être trop loin pour que je puisse les aider. De toute manière, le fait demeure que je connais des hommes qui ont abandonné les femmes - qui ont conclu, après s'être fait repousser tant de fois, que les femmes n'aiment pas les hommes, tout simplement.
Les hommes sont beaucoup plus vulnérables aux femmes que les femmes ne peuvent même se l'imaginer. Les hommes sont sensibles à certaines choses dans les femmes, que les femmes ne perçoivent même pas. Le moindre petit sarcasme, de la part d'une femme à laquelle il s'intéresse, va lui faire abandonner sa poursuite. Une femme qui pense que c'est là faiblesse de la part de l'homme ne comprend tout simplement pas comment les hommes sont faits et ce que les hommes ressentent de nos jours. Nous vivons dans une culture qui exploite de manière éhontée les femmes, mais plusieurs femmes ont usé de représailles en méprisant les hommes de manière vengeresse, avec leurs langues et leurs attitudes. On a grand besoin de guérison des deux côtés.
Bien qu'il ne cherche pas une dépendance servile, un homme a besoin que la femme qui l'aime ait besoin de lui. Néanmoins, le message continuel (ad nauseam) envoyé par les femmes est : " Je suis forte et indépendante! Je n'ai pas besoin d'un homme! " Bien sûr, c'est un cri vide et défensif qui trahit son amère déception causée par les hommes - autrement elle n'aurait pas besoin de l'annoncer autant - mais les hommes entendent la lettre du message et battent en retraite.
Un homme peut admirer une femme pour ses fortes qualités d'indépendance, mais laissez-la lui en parler assez souvent et ce qu'il va entendre est : " Eh bien, elle n'a pas besoin de moi dans ce cas-là! ", et son oeil commencera à chercher une femme qui aura besoin de lui. Un homme va peut-être respecter une femme pour son indépendance, mais il va la chérir et l'aimer si elle apprécie et sa virilité et en a besoin (et qu'ainsi elle l'encourage) .
Si une femme devait me demander mes conseils pour savoir comment s'arranger pour qu'un homme s'intéresse à elle, je lui dirais de porter attention à lui. écoutez-le. Le monde dans lequel un homme vit est très froid et concurrentiel, et lorsqu'une femme créé un lieu sécuritaire où un homme peut s'ouvrir, il ne peut généralement pas y résister. Mais ceci exige de la révérence.
Si elle devait manifester le moindre soupçon de ridicule concernant ce qu'il dit, ou le traiter à la légère, il se changerait en pierre. écoutez ce qu'il trouve important, ses espoirs et ses rêves. La plupart des hommes, lorsqu'ils parlent ainsi, sont plutôt admirables, et si elle l'admire, elle ne devrait pas le lui cacher. Elle n'a pas besoin d'en faire un spectacle - il verrait le mensonge - cela doit être réel. Si c'est authentique, ce n'est pas jouer un jeu, mais c'est de l'honnêteté. Si elle s'intéressait à lui, cela impliquerait une certaine admiration, n'est-ce pas? Elle jouerait un jeu si elle ne l'admirait pas.
Le vieux dicton selon lequel les hommes ne s'intéressent qu'à " une chose ", c'est-à-dire le sexe, est cynique et faux. Les hommes qui deviennent ainsi le font parce qu'ils ont abandonné l'espoir d'aimer et l'espoir qu'une femme l'accueillerait vraiment, s'il s'ouvrait à elle.
Qu'est-ce qu'un homme recherche chez une femme? En un mot : un foyer. Pour un petit enfant, une femme (normalement sa mère) est un endroit. Je ne dis pas une chose. C'est pour ainsi dire un foyer. Et seule une personne peut être un foyer. C'est ce qu'un homme recherche dans la femme qu'il voudrait prendre comme épouse. Je ne dis pas que sa tâche est de l'élever - certainement pas - mais l'abri qu'elle lui fournit affectivement, où il peut être lui-même, le rend généralement meilleur, plus fort, plus homme, et l'inspire à subvenir à ses besoins et à la protéger physiquement. Même au point de donner sa vie pour elle.
Si une femme donne à un homme ce dont il a vraiment besoin - un réel intérêt et de la compréhension, et qu'elle l'accepte tel qu'il est, il va lui demander de sortir avec lui, et il en redemandera.